Ville de
St. Georges
sur Baulche

S
I
T
E  Officiel 2017
 © Ville de St.Georges sur Baulche 

Garde-champêtre au 19ème siècle

 

On retrouve quelquefois en fouillant les archives municipales des anecdotes concernant la vie de la commune autrefois. Faisons un petit retour au XIXème siècle.


Nous sommes en 1858, une lettre datée du 8 avril, envoyée par le commissaire de police d'Auxerre Monsieur Lesire Fruger au Maire de Saint-Georges de l'époque Monsieur Léonard Trugnaud, fait état d'événements ayant eu lieu le dimanche 4 avril 1858 dans la commune de Saint-Georges


Pour mieux comprendre ces événements revenons quelques années auparavant. En 1855, le garde champêtre de notre commune se nommait Pierre Machavoine. Il avait demandé à la mairie une augmentation de salaire qui lui fut refusée, s'estimant lésé, il démissionna. Le dénommé Constantin Denis pris alors sa place. A l'époque, les horaires d'ouverture des débits de boissons, café, maisons publiques étaient réglementées par l'arrêté préfectoral du 31 décembre 1856 qui stipulait que ceux-ci devaient être fermées à 10 heures de soir du 1er avril au 1er octobre et à 9 heures du 1er octobre au 1er avril. Les propriétaires des établissements étaient responsables et passibles d'amende en cas de non-observance de la loi.


Que s'est-il passé ce fameux dimanche 4 avril 1858 ? Nous sommes le jour de Pâques, les gendarmes Bédu et Moussot sont en tournées de surveillance de nuit dans le canton Ouest d'Auxerre. Ils arrivent à Saint-Georges à 10 heures 30 du soir et découvrent que le cabaret de Monsieur Jules Goudreau est : "ouvert au public et en pleine activité de divertissement". Les gendarmes constatent que le cabaret contient : "une foule de monde les uns attablés et buvant les autres dansant ou jouant du billard". L'infraction à la loi est indubitable. Mais plus grave encore au milieu de la foule, les gendarmes croient reconnaître Constantin Denis, le garde champêtre : lequel était attablé avec trois personnes et s'est empressé d'éteindre la chandelle et de prendre la fuite". Or, conformément à l'arrêté préfectoral de 1856 : "son devoir lui commandait d'empêcher et lui défendait de tolérer" ce rassemblement illégal, "auquel le dit garde champêtre a sciemment et volontairement contrevenu". Après avoir en vain recherché le garde "qui n'a pu être retrouvé dans la commune non plus que dans son domicile", les gendarmes ont dressé procès-verbal à l'encontre du propriétaire de l'établissement et de Constantin Denis.


En conséquence de ces faits, le commissaire de police a adressé au préfet un rapport circonstancié et motivé concernant la conduite du garde champêtre dans lequel il propose sa révocation "en raison de la gravité du manquement à son devoir dans la circonstance constatée par le procès-verbal". Très probablement Constantin Denis n'en était pas à son premier manquement et le maire avait déjà eu à s'en plaindre car le commissaire lui demande ses observations concernant la conduite et les antécédents, négligences et insoumissions du garde champêtre.


Quoi qu'il en soit le garde champêtre de Saint-Georges Constantin Denis fur révoqué et l'ancien garde Pierre Machavoine fut quant à lui réintégré avec l'augmentation qu'il avait souhaitée. Il avait 60 ans, point de retraite en ce temps, et exerça sa fonction jusqu'en 1878.


Eric Vandenbossche.
 

Plus d'articles...

  • St-Georges début du 20 ème siècle
  • L'instruction primaire
  • La tour de Celles
  • Le château de Billy