Ville de
St. Georges
sur Baulche

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E  Officiel 2017
 © Ville de St.Georges sur Baulche 

L'instruction primaire

 

"L'instituteur Louis Fouchères avec sa classe devant la mairie-école vers 1910"


Et si nous en profitions pour découvrir comment fonctionnait à Saint-Georges l'école de nos aïeux. 


Les premiers maîtres d'école connus à Saint-Georges sont Georges MACHAVOINE, de 1751 à 1759, et Joachim VINOT de 1759 à 1774 (tous deux étaient aussi vignerons et laboureurs). Un certain MANOURY fait fonction d'instituteur de 1774 à 1782, enfin à partir de 1782, c'est une femme qui dirige l'école : Madame GIRARD. En 1796, le citoyen Dom ROSMAN se déclare "instituteur particulier et maître de pension". Il s'installe dans la maison de campagne du collège des Jésuites (actuellement le square Maxime Guignolle). Cela ne dure pas longtemps car en 1797, il est persécuté par les révolutionnaires et meurt en 1799. De toute façon, il est peu probable qu'il enseignait aux enfants de Saint-Georges mais plutôt à un groupe d'étudiants en pension chez lui.


En 1801, la commune demande l'autorisation à la préfecture de mettre le presbytère à la disposition du maître d'école sans qu'on en sache davantage. La place de maître d'école est vacante à Saint-Georges en 1815 et un certain Timothée CASSEMICHE propose ses services. Il loge au presbytère. Il doit présenter des pièces justificatives, mais là non plus nous n'en savons pas plus : A-t-il exercé ? Combien de temps ?


En 1818, il n'y a toujours pas d'instituteur, mais Madame GIRARD, depuis 1782 enseigne toujours aux enfants de Saint-Georges dans sa maison (le "Prieuré"). La municipalité observe : "On est content et satisfait du zèle, de la conduite de cette institutrice. On juge de ses bonnes qualités, de sa moralité et de ses principes de religion par l'instruction des enfants des deux sexes qui lui sont confiés, par les différents progrès qu'ils font et par la sagesse dans leur conduite et la décence dans leur tenue". En 1828, arrive Edme FALCONNIER, il ne reste pas, on apprend d'ailleurs que les enfants de Saint-Georges sont envoyés aux écoles d'Auxerre.


Puis, une délibération du conseil municipal daté de 1833 - nous sommes à l'époque des lois Guizot sur l'enseignement - accorde le poste de maître d'école à François CARRE. Celui-ci doit produire son acte de naissance, un brevet de capacité pour l'enseignement primaire élémentaire et un certificat de moralité. Il doit également prêter le serment suivant : "Je jure fidélité au Roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux Lois du royaume". Il loge au presbytère où se tient la classe. En 1837, la commune achète une maison rue de Montboulon (anciennement rue du Puit du Four) qui se compose d'un local pour l'instituteur (chambre, salle à manger, cuisine), le premier étage est destiné aux réunions du conseil municipal et la grange est aménagée en salle de classe. Plusieurs instituteurs s'y succèdent de 1833 à 1866.


A partir des années 1860, les épouses des instituteurs s'occupent de l'ouvroir c'est-à-dire de la classe spécifique aux filles : elles leur enseignent la couture et les travaux domestiques En 1867, Louis CHOLAT dirige l'école avec sa femme. Un rapport du conseil municipal signale que la classe est fréquentée par quatre-vingts élèves, ce rapport ajoute : "Bien que ce nombre n'impose pas à l'instituteur un travail au-dessus de ses forces, sa femme, dont le conseil se plaît à tout le zèle et le dévouement, vient à son aide et que grâce à leur concours et à leur surveillance mutuelle, l'instruction reçoit tout le développement désirable".


Vous avez dit classe surchargée !...


A cette époque, le traitement de l'instituteur se composait :


  • d'un fixe payée par la mairie de 200 francs par an
  • de la rétribution scolaire payée par les parents qui s'élevait à 1,75 franc par mois par enfants de plus de sept ans et 1 franc par mois pour les moins de sept ans
  • 1 franc par mois payé par la mairie pour les enfants admis gratuitement (il y en a une quinzaine).

Le revenu annuel du maître d'école était d'un peu plus de mille francs par an, auquel il fallait rajouter environ 170 francs perçus au titre des cours d'adulte qu'il donnait cinq soirs par semaine à trente personnes maximum âgées de 14 ans et plus.

En 1873, la première école des filles est créée avec à sa tête Mademoiselle DESCAVES. La commune acquiert alors la maison TUNGNAUD qui deviendra la mairie actuelle pour en faire deux salles de classe (garçons et filles), deux logements pour l'instituteur et l'institutrice, et la mairie à l'étage. Mais seul l'école des garçons, le logement de l'instituteur et la mairie y sont installés. L'école des filles se retrouve au "Prieuré", elle n'intégrera les locaux de la mairie qu'en 1899.


Dès 1875, le salaire des enseignants est pris entièrement en charge par la commune, cela représente : 1050 francs pour l'instituteur et 804 francs pour l'institutrice (Où est la parité des salaires ?). En 1877, les deux enseignants demandent à prendre leurs vacances du 10 septembre au 10 octobre car c'est l'époque des vendanges et Saint-Georges étant un pays de vignobles ils n'ont que peu d’élèves. Visiblement les congés scolaires n'étaient pas imposés par l’Éducation Nationale!


Les deux classes garçons et filles perdureront toute la première moitié du 20ème siècle, il faudra attendre 1954 pour voir la création d'une troisième classe. Puis de 1954 à 1972, on passe de trois à huit classes, cantonnées dans des préfabriqués derrière la Mairie. Enfin, en 1974, la création du groupe scolaire de la Guillaumée, devenue indispensable à cause de la forte augmentation de la population, apporte une nouvelle jeunesse à l'instruction dans notre commune.

Eric Vandenbossche.
 

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