Ville de
St. Georges
sur Baulche

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T
E  Officiel 2017
 © Ville de St.Georges sur Baulche 

La tour de Celles

Juste à côté de la station météorologique de Saint-Georges on distingue une tour qui a d'ailleurs donné son nom à la rue adjacente. Cette tour est en fait ce qui reste d'un ancien moulin à vent.

La première trace que l'on ait d'un moulin à vent à Saint-Georges remonte en 1576. Il s'agit de la vente faite par Pierre Billetou, marchand, à Jehan Cernilly pour Jacques d'Angluze, capitaine de 50 hommes d'arme, seigneur de Quenne, du bois et du fer du moulin à vent sis sur le plateau de Celles moyennant 300 livres tournois (visiblement il est en démolition).


Il faudra ensuite attendre le 23 germinal an II (11 avril 1794) pour que le conseil général de la commune d'Auxerre autorise la construction pour le sieur Gillotte d'un moulin à vent sur la montagne de Saint-Georges (sans doute la tour actuelle). La construction s'effectue de septembre à novembre 1794. Mais après l'avoir essayé on s'aperçoit qu'il est placé au-dessous du vent, ce qui est capable d'en arrêter "la force et l'effet". Néanmoins, le moulin semble fonctionner. En 1829-1830, deux moulins à vent sont recensés à Saint-Georges, les deux appartenants à Monsieur Moreau, meunier (l'un des moulins est noté comme construction récente). A la même époque un poste de télégraphe Chappe est installé à Saint-Georges.


Contrairement à une idée reçue, ce télégraphe Chappe n'a jamais été sur la tour encore visible du moulin, il se situait à l'angle de la ruelle de Celle et de la route de Bréande. Par contre, il est peut-être possible que c'était là l'emplacement du second moulin d'où la confusion. Quoiqu'il en soit une carte de 1843 montre d'une part le moulin et d'autre part le télégraphe. En 1856, il ne reste déjà plus que la tour sans son toit et le moulin est dit ancien, et les cartes postales du début de ce siècle montrent la tour telle que nous la voyons aujourd'hui.


Cependant, l'histoire de la tour ne s'arrête pas là. Au début des années 1950, un radio amateur passionné Maurice Bernard loue celle-ci pour y installer du matériel de réception de télévision. Avec l'aide de deux amis : Pierre Michel et Marcel Purorge, ils obtiennent la permission officieuse des pouvoirs publics de faire profiter les Auxerrois des bienfaits de la télévision française. Après amplification, ils purent rabattre sur Auxerre les ondes qu'ils recevaient sur la tour, entassés dans trois boutiques de la ville - possédant des récepteurs - les Auxerrois assistèrent ébahis au couronnement de la reine d'Angleterre (1952), au tour de France, ou au défilé du 14 juillet. Une poignée de "mordus" faisait quant à eux chaque soir le pèlerinage à la tour se réunissant en une sorte de "télé club de mon moulin". La porte était ouverte à tous, peut-être certains Baulchois s'en souviennent-ils ?


Les trois techniciens heureux de leur réussite décidèrent de créer leur propre chaîne de télévision : "Auxerre Télévision" sans doute l'une des première télévision libre de l'hexagone. D'abord les essais se firent en circuit fermé : une caméra dans une vitrine d'un magasin d'Auxerre filmait les passant et restituait leurs images sur un poste de T.V. Les réactions furent mitigés mais les Auxerrois furent tentés par ce nouveau moyen de communication. Puis, il y eu la retransmission en direct de la foire d'Auxerre. Enfin, la notoriété "d'Auxerre Télévision" dépassa le cadre local, l'almanach de 1956 de "Radiotélévision Luxembourg" y consacre un long article dans lequel on apprend que Maurice Bernard accueilli dans la tour de Saint-Georges Gilles Margaritis en personne (grand homme de télé de l'époque).


J'ignore quand pris fin cette fabuleuse expérience. La tour de Saint-Georges quant à elle a été aménagé en maison d'habitation en 1988.

Eric Vandenbossche.
 

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